JE ME FAIS DU CINÉMA

Nous sommes visiblement mal à l’aise et Amélie cherche un endroit pour s’asseoir pour assimiler ce qui est en train de se passer. Nous choisissons un ensemble de quatre petits fauteuils situés sur la partie la plus élevée du balcon qui compte trois niveaux. Avec le temps, notre œil s’habitue à la noirceur, ce qui nous permet de découvrir les environs et surtout de constater que nous ne sommes pas seuls. Il y a des couples au niveau inférieur et ceux-ci ne se contentent évidemment pas de regarder la projection. Près de nous, je distingue assez facilement un homme qui est en train de se faire sucer sans ménagement par sa compagne sous le regard voyeur et intéressé d’Amélie qui, à ma grande surprise, se penche au-dessus de la rampe sans prendre la peine de se dissimuler derrière le muret.

D’ailleurs, l’homme lève les yeux en sa direction quelques secondes, puis les referme et continue à jouir du traitement royal dont bénéficie sa queue, le tout sans le moindre malaise. Sans doute stimulé par le regard attentif d’Amélie, il en profite même pour défaire le soutif de sa femme et ainsi nous exposer sa généreuse poitrine qui s’agite maintenant au rythme de ses mouvements de va-et-vient sur son manche.

Après avoir été témoins de cette scène, nous revenons à nos fauteuils. Ma dulcinée est bien campée dans le fond de sa chaise, le manteau encore sur le dos. Je ne pourrais dire si elle est sous le choc ou sous le charme du spectacle qui vient de s’offrir à nous. Je m’approche d’elle pour l’embrasser. La tension monte légèrement. Nous sommes à quelques centimètres l’un de l’autre et Amélie reluque toujours le premier couple. Elle ne réagit pas à mon baiser. Elle semble plus préoccupée par les ébats du couple plus bas que par le contact de mes lèvres sur sa bouche. Je me retire donc et m’éloigne jusqu’à mon fauteuil en faisant mine de décrocher.

Je désire commander le livre...